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Madagascar : Une jeune fille de 12 ans fait arrêter son violeur de beau-père

Madagascar : Une jeune fille de 12 ans fait arrêter son violeur de beau-père © 2024 D.R./GabonSoir

La commissaire en chef de la police malgache a qualifié de « courageuse » une jeune fille de 12 ans qui aurait été violée à plusieurs reprises par son beau-père, après s’être présentée pour raconter son histoire lors d’une séance d’information sur la violence basée sur le genre soutenue par les Nations Unies.

ONU Info s’est entretenu avec la commissaire Aina Randriambelo, qui a décrit les efforts déployés par son pays pour promouvoir l’égalité des genres et une meilleure compréhension de ce qui constitue l’exploitation et les abus sexuels.

« J’ai été très surprise lorsque j’ai appris qu’une jeune fille de 12 ans, qui avait participé à l’une de nos séances de sensibilisation en milieu scolaire, avait révélé à un policier qu’elle avait été violée pendant deux ans par son beau-père, âgé de 40 ans.

La commissaire Aina Randriambelo, Commissaire en chef de la police de Madagascar

Elle a eu le courage d’expliquer qu’elle avait été victime de cet abus, compte tenu de la stigmatisation que cela entraîne dans notre société. Dans certains cas, les familles rejettent les enfants qui font ce type d’allégations.

Elle est mineure, donc nous avons dû informer sa mère, qui a déclaré ne rien savoir de cet abus, qu’elle avait l’obligation légale de porter plainte, ce qu’elle a fait. Nous lui avons expliqué sa position sur le plan juridique mais aussi le fait qu’en tant que mère, elle était la première ligne de protection pour sa fille.

Je travaille sur les questions de violence basée sur le genre depuis plus de 20 ans et bien qu’il soit important pour moi de conserver mon professionnalisme, ces événements vous affectent, mais je suis également heureuse que nous ayons pu faire la différence en agissant très rapidement pour mettre fin à cet abus.

Arrêté et en attente de jugement

La police a rapporté ce succès sur les réseaux sociaux comme avertissement à d’autres et pour alerter d’autres victimes qui se trouvent dans le même type de situation d’abus. L’homme est maintenant en prison en attendant son procès et s’il est reconnu coupable, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 12 ans.

La police nationale a mis en place un département de protection des mineurs il y a 20 ans et en 2017 a établi des protocoles pour traiter la violence basée sur le genre. Ces protocoles comprennent l’accès aux soins médicaux.

Nous avons également institué neuf brigades de police locales composées uniquement de femmes pour soutenir les victimes d’abus. De plus, il existe de nouvelles lois dans notre code pénal qui permettent la poursuite rapide des affaires impliquant des abus.

En tant que société, nous avons encore du travail à faire pour que les gens reconnaissent les droits de chacun, en particulier dans les contextes familiaux. Certaines femmes ne comprennent même pas le concept de consentement. Souvent, les hommes ne comprennent pas la différence entre faire preuve d’autorité parentale au sein de leur famille et être violents, et ils ont l’impression que ce qui se passe à la maison est une affaire privée. La violence est donc souvent acceptée comme un élément normal de la vie familiale et les gens ne sont souvent pas disposés à la dénoncer, il faudra donc du temps pour changer les mentalités.

Le Fonds des Nations Unies pour la population ( UNFPA ) a soutenu des sessions de formation sur les droits de l’homme. C’est important, car ce n’est que lorsque les gens comprennent leurs droits qu’ils peuvent se rendre compte que leurs droits ont été bafoués. Ainsi, une victime peut ne pas savoir qu’elle est victime et ne pas se manifester pour signaler un éventuel abus.

Nous veillons également à ce que les femmes et les enfants reconnaissent l’importance d’un examen médical après un acte de violence sexuelle. Il s’agit d’un élément de preuve essentiel dans toute affaire portée devant les tribunaux.

L’ UNICEF nous a aidés à mettre en place un centre de prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles, qui comprend l’ensemble des services de soins intégrés dont ils ont besoin : soutien psychosocial et accompagnement par des travailleurs sociaux déployés par le département de la population, soins médicaux par des médecins de l’hôpital.

Des policiers sont présents pour recueillir les plaintes, car si les victimes rentrent chez elles, il est possible qu’elles reviennent sur leurs déclarations, surtout si elles sont menacées de représailles.

L’UNICEF a également soutenu la formation de travailleurs sociaux.

On m’a dit que la jeune fille allait bien, mais je me demande comment elle pourrait être affectée à long terme. Pourra-t-elle avoir des relations sexuelles, sera-t-elle stigmatisée et quel type de conseil recevra-t-elle pour faire face à son traumatisme ?

Du point de vue de la police, j’ai hâte que justice soit rendue ».

Auteur : Gabon Matin


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