La Tunisie a manqué son entrée dans la Coupe du monde 2026. Opposés à la Suède, tôt ce lundi 15 juin, dans le groupe F, les Aigles de Carthage se sont lourdement inclinés (5-1) à l’Estadio Monterrey de Guadalupe, au Mexique. Une défaite nette, marquée par de grosses erreurs défensives, un manque de maîtrise collective et la démonstration offensive des hommes de Graham Potter.
Pour l’Afrique, ce résultat vient assombrir un début de tournoi jusque-là contrasté. Après la défaite de l’Afrique du Sud contre le Mexique (0-2), le nul prometteur du Maroc face au Brésil (1-1) et la victoire de la Côte d’Ivoire contre l’Équateur (1-0), la Tunisie devient la quatrième sélection africaine à entrer en scène. Mais contrairement aux Éléphants, les Aigles de Carthage ont coulé face à une équipe suédoise plus tranchante, plus juste et plus réaliste.
Le cauchemar tunisien a commencé très tôt. À la 7e minute, Yasin Ayari a ouvert le score pour la Suède après une erreur de relance du gardien Abdelmouhib Chamakh, pressé par Alexander Isak. Le ballon est revenu dans les pieds suédois, Viktor Gyökeres a vu sa tentative contrée, puis Ayari a déclenché une frappe puissante pour donner l’avantage aux Blågult. La Tunisie a ensuite tenté de réagir, mais sans parvenir à stabiliser son bloc. À la 30e minute, Alexander Isak a doublé la mise au terme d’une transition rapide, punissant une équipe tunisienne trop ouverte. Menés 2-0, les hommes de Sabri Lamouchi ont tout de même retrouvé un peu d’espoir avant la pause grâce à Omar Rekik, buteur de la tête à la 43e minute sur un centre de Hannibal Mejbri.
La réduction du score tunisienne n’a pas changé la dynamique du match. Au retour des vestiaires, la Suède a repris le contrôle avec beaucoup d’intensité et une efficacité redoutable. À la 59e minute, Viktor Gyökeres a inscrit le troisième but suédois, restaurant l’écart de deux buts et brisant quasiment les espoirs tunisiens. Le quatrième but est arrivé à la 84e minute. Mattias Svanberg, entré en jeu quelques secondes plus tôt, a profité d’une action validée après intervention de la VAR pour porter le score à 4-1. Dans le temps additionnel, Yasin Ayari a conclu la démonstration en signant un doublé à la 90e+6. La Suède s’est ainsi imposée 5-1, son plus haut total de buts dans un match de Coupe du monde depuis 1938.
Cette lourde défaite est d’autant plus inquiétante que la Tunisie avait bâti sa qualification sur une grande solidité défensive. Les Aigles de Carthage n’avaient pas encaissé durant leur campagne qualificative, mais leur premier match du Mondial a exposé des failles profondes : mauvaises relances, espaces entre les lignes, retards dans les couvertures et difficultés à contenir les appels d’Isak et Gyökeres. Sabri Lamouchi devra rapidement trouver des réponses. Face à la Suède, seule la séquence ayant conduit au but d’Omar Rekik a réellement laissé entrevoir une réaction. Pour le reste, la Tunisie a trop subi, trop reculé et trop offert à une équipe suédoise qui n’en demandait pas autant.
Au classement du groupe F, la Tunisie part avec un lourd handicap. La Suède prend la tête avec 3 points et une différence de buts de +4. Les Pays-Bas et le Japon, qui se sont neutralisés (2-2), comptent chacun 1 point. La Tunisie ferme déjà la marche avec 0 point et une différence de buts de -4. Le prochain match face au Japon, prévu le 21 juin à 05h00 en heure du Gabon, devient presque une rencontre de survie. Une nouvelle défaite placerait les Aigles de Carthage au bord de l’élimination, avant un dernier rendez-vous très difficile face aux Pays-Bas.
Sur le plan continental, le bilan africain reste préoccupant malgré la victoire ivoirienne. Après quatre matchs, les sélections africaines comptent une victoire, un nul et deux défaites, avec 3 buts marqués pour 8 encaissés. La Côte d’Ivoire porte pour l’instant le seul succès du continent, tandis que le Maroc a signé le résultat le plus encourageant dans le contenu face au Brésil. La Tunisie, elle, devra très vite oublier cette soirée noire. Dans un Mondial où l’Afrique aligne dix représentants, chaque résultat compte pour l’image du continent. Face à la Suède, les Aigles de Carthage ont pris une leçon. Face au Japon, ils devront prouver qu’ils ont encore les ressources pour rester en vie.
Auteur : Pascal Abihona
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